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Profinpar mise sur les vélos électriques avec Barracuda

By 08/10/2021News

L’Echo, le 8 octobre 2021. Michel Lauwers.

Profinpar a pris la majorité du capital de The Barracuda Company, une société qui exploite deux marques de magasins spécialisés dans les vélos électriques, Barracuda et MyCityBike.be. Le fonds belge lancé par 45 investisseurs-entrepreneurs pour soutenir le développement de PME et d’entreprises familiales, ne dévoile jamais les montants investis, mais on sait qu’il injecte entre 1 et 6 millions d’euros par prise de participation. Il prend aussi bien des parts minoritaires que majoritaires; dans le cas de The Barrracuda Company, il a souscrit 70% du capital tout en laissant les manettes de la société à son fondateur et CEO, Frédéric Verbeeck. Deux des entrepreneurs du fonds experts en retail ont été désignés pour accompagner la société à l’avenir: Denis Knoops, ex-CEO de Delhaize, et Thierry Quertinmont (GIB, Trafic).

Aujourd’hui, The Barracuda Company est, avec ses 5 magasins et son site web, le seul commerce de vélos exclusivement électriques en Wallonie et à Bruxelles. En Flandre, où il n’est pas encore présent, opèrent l’un ou l’autre concurrents au positionnement comparable. «Nous sommes déjà la référence et le leader au sud du pays», souligne Frédéric Verbeeck qui  ne cache pas son ambition de devenir leader au niveau belge également. Sa compagnie ouvrira un sixième magasin dans deux mois à Zemst, entre Bruxelles et Malines.

Modèle «Phygital»

En parallèle, elle met actuellement en place un modèle de distribution hybride, que son patron a baptisé «Phygital», pour «physique et digital». «Une part importante de la clientèle a plus de 65 ans, explique Frédéric Verbeeck. Ces personnes ne sont pas toutes à l’aise dans les magasins de vélos, d’une part parce qu’elles n’y connaissent souvent pas grand-chose et d’autre part, parce qu’elles ne sont pas toujours capables de charger leur vélo dans leur voiture. Nous leur proposons de choisir leur vélo sur notre site Barracuda.com, de le précommander, après quoi nous leur livrerons le vélo à leur domicile en leur laissant la possibilité de le tester avant de l’acheter et de le payer.»

La formule semble plaire car le taux de transformation en achat ferme est très élevé. Du coup, l’entreprise veut généraliser le concept. «Nous continuerons d’ouvrir des magasins physiques à Bruxelles et en Brabant wallon, mais nous desservirons le reste de la Région via ce système hybride. Et si les résultats sont satisfaisants, nous ferons la même chose en Flandre et en France.»

Après avoir vendu des accessoires, des pièces détachées ainsi que des vélos classiques durant des années et développé un site web spécialisé, Véloflash.com, Frédéric Verbeeck a revendu ce dernier il y a quatre ans pour se spécialiser dans l’électrique. Aujourd’hui, il ne regrette pas ce virage stratégique. L’an dernier, son entreprise a vendu 4.000 vélos, pour un chiffre d’affaires de plus de 13 millions d’euros. Et cettte année, seules les difficultés d’approvisionnement l’empêcheront sans doute de faire aussi bien.

«Comme dans les autres secteurs impactés, comme la construction ou l’automobile, ce déséquilibre entre offre et demande devrait perdurer encore 18 mois, le temps que les fabricants adaptent leurs capacités», indique Dimitri de Failly, partner chez Profinpar. «On est sans doute entrés dans The Barracuda Company au sommet de la vague, poursuit-il, mais cela reste un beau secteur avec de chouettes fondamentaux. On est dans la mobilité douce, avec un rôle sociétal fort, et Frédéric et son équipe sont des passionnés. Ils ont tous des traces de chaîne de vélo sur leurs mollets…»

Après une année 2020 exceptionnelle, Dimitri de Failly table sur une bonne année 2021. Et à moyen-long terme, les experts prévoient un marché en progression annuelle de 15 à 30%, ajoute-t-il. Sur le terrain, Frédéric Verbeeck prépare déjà la suite. Il vient d’obtenir le permis pour construire un centre logistique de 2.500 m2. «On y trouvera à la fois un lieu de stockage, un atelier de montage des vélos, les services après-ventes, l’organisation des livraisons et le back-office.» De quoi mieux soutenir le modèle hybride en cours d’implantation.