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Nouvelles relatives à la vie du fonds

Quel avenir pour ma PME?

Octobre 2020. Profinpar.

Il est communément admis que nombre de nos entreprises sont des PME familiales détenues par des dirigeants approchant ou dépassant la soixantaine. Ces dirigeants qui envisagent de prendre un peu de recul se posent évidemment des questions quant à leur avenir et à celui de leur entreprise surtout si leurs héritiers (la «next gen») ne sont pas disponibles pour prendre le relais. La conjonction de successeur(s) à la fois compétent(s) et motivé(s) n’est en effet pas fréquente, selon notre expérience et les statistiques.

Certains propriétaires d’entreprises prennent la décision de céder leur affaire purement et simplement et mandatent pour ce faire un intermédiaire en cession d’entreprises ayant pour mission de trouver des candidats acquéreurs.

A côté de ces cas “classiques” de cession pure et simple, il existe de nombreuses situations plus complexes où l’entreprise n’est pas dans une situation optimale pour être cédée ou dont les propriétaires envisagent la cession à terme ou en plusieurs phases.

La présente contribution a pour but d’illustrer quelques situations de ce type déjà mises en œuvre par PROFINPAR. Ces cas ont été inspirés de situations réelles et reposent donc sur du vécu. La création de valeur patrimoniale pour l’actionnaire de PME est un sujet souvent négligé.

Découvrez notre réflexion à ce sujet dans une note qui décrit les critères et les conditions de succès.

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UNICA, en quête de croissance

Trends, avril 2020, GUY VAN DEN NOORTGATE

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Fondée en 1932, Unica conçoit et fabrique des laveuses-essoreuses industrielles qu’elle exporte dans le monde entier. La société bruxelloise a été reprise il y a un an par Grégoire De Donnea, avec le soutien du fonds d’entrepreneurs Profinpar, qui entend la développer.

Contrairement à une idée de plus en plus répandue, l’industrie n’a pas complètement déserté notre pays. De nombreuses PME, pour une large part familiales, restent actives dans les domaines les plus divers où elles s’illustrent à l’international, arborant un « Made in Belgium » fort apprécié hors de nos frontières. C’est le cas avec Unica, société fondée en 1932 à Bruxelles et qui n’a quitté le quartier de Sainte-Catherine qui l’abritait qu’à l’aube des années 2000. Aujourd’hui, c’est dans le Brabant flamand, à Merchtem, que sont conçues, fabriquées et assemblées des laveuses-essoreuses industrielles à moyenne et large capacité. L’entreprise compte une vingtaine de collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires oscillant entre 4 et 5 millions d’euros. Elle exporte plus de 95% de sa production et est présente dans une bonne cinquantaine de pays. Ses premiers marchés sont la France, la Grande-Bretagne et l’Arabie saoudite.

TROUVER LE REPRENEUR

Fin de génération baby-boom oblige, de nombreuses PME familiales qui ne trouvent pas de succession en leur sein sont aujourd’hui à remettre. Mais encore faut-il dégoter le « bon » repreneur… Or, c’est souvent là que le bât blesse, davantage que le financement. Car il ne suffit pas d’apporter les fonds, encore faut-il avoir les épaules, les compétences et une vision pour reprendre une entreprise. Et surtout l’envie. Un profil que l’on ne trouve pas si facilement. Avec Grégoire De Donnea, il semble que le fonds d’entrepreneurs Profinpar ait effectué la bonne pioche. En février 2019, ce licencié en sciences de gestion de l’UCLouvain est devenu CEO d’Unica, dans laquelle Xavier Degrave, fils du fondateur, conserve une participation. « C’est grâce à ce dernier que l’entreprise s’est développée ces dernières années, confie-t-il. Il connaît tous les rouages de la société et ses machines. Son expérience nous est précieuse à plus d’un titre. »

Pour sa part, Grégoire De Donnea a travaillé dans des multinationales telles que L’Oréal et Electrolux, où il a exercé diverses responsabilités au niveau ventes et marketing. En 2013, il a pris la responsabilité Europe, Moyen-Orient et Afrique de la catégorie « froid » sur le site italien R&D et de production d’Electrolux. Une fonction qui lui a permis de bien comprendre la manière dont une usine tournait et qui lui est bien utile aujourd’hui. Il a ensuite occupé à partir de 2015 le poste de directeur général BeLux du groupe Teka-Kuppersbusch, avant de le quitter en 2018 en quête d’une société à reprendre. C’est là que son chemin a croisé, via un e-mail, celui de Profinpar. Ce fonds qui regroupe des entrepreneurs investit du capital à risque dans des sociétés sous-capitalisées, dans une approche centrée sur la relation de partenariat actif avec les PME familiales et leurs actionnaires. Objectif : financer le développement et la croissance. Une stratégie qui épouse à merveille celle de Grégoire De Donnea et qui a séduit Xavier Degrave. « C’est l’approche industrielle de Profinpar manifestée par la valeur ajoutée entrepreneuriale de ses intervenants qui m’a décidé à leur faire confiance pour la poursuite du développement de notre entreprise familiale », assure ce dernier.

POTENTIEL DE PROGRESSION

« Nous proposons une gamme de 17 machines dont les capacités varient entre 45 et 300 kg, détaille Grégoire De Donnea. Nous nous concentrons surtout sur les machines de grande capacité destinées à des blanchisseries industrielles qui représentent l’essentiel de notre clientèle. Ces machines sont aussi utilisées pour des collectivités telles que des hôpitaux, hôtels, homes, etc. Mais on les retrouve aussi sur des navires de croisière qui peuvent accueillir des milliers de passagers. Il faut savoir que les machines Unica sont réputées pour leur robustesse et sont particulièrement adaptées pour des clients qui ne peuvent tolérer une défaillance de leur outil de production. C’est la fiabilité et la durée de vie de nos machines qui nous permettent de faire la différence sur le marché. » Autre immense force de l’entreprise, « les techniciens qui la composent, poursuit le CEO. Ce sont eux qui montent les machines mais aussi eux qui les installent chez le client, qui lui expliquent leur fonctionnement et le forment afin qu’elles soient bien utilisées. Nous avons l’avantage de disposer d’un personnel polyglotte, ce qui est un atout indéniable à l’exportation. »

Depuis son arrivée à la tête d’Unica, Grégoire De Donnea entend moderniser les produits tout en conservant leur ADN ainsi que celui de la société. Le logo a été quelque peu rafraîchi, un nouveau site internet plus convivial a vu le jour et l’entreprise communique davantage, notamment dans la presse professionnelle. Un directeur de production a aussi étoffé l’équipe en juin dernier. Parallèlement, l’entreprise se penche sur la digitalisation de ses machines avec des solutions liées à l’Internet des objets. « L’idée est de pouvoir, dans une certaine mesure, assurer une maintenance prédictive de nos machines, explique le CEO. Maintenant, il faut conserver à l’esprit que tout ce que ne dit pas la machine est aussi important que ce qu’elle dit. En assurant nous-mêmes la formation de nos clients, nous pouvons déjà régler la grande majorité des problèmes par téléphone. »

DES MACHINES DISPONIBLES POUR LES HÔPITAUX

A l’instar de la plupart des PME industrielles toutes peu ou prou impactées par la crise du Covid-19, Unica tournait encore à la mi-avril au ralenti. Mais ses équipes finalisaient le montage de plusieurs machines. Car avant l’entame de la crise, le carnet de commandes était bien rempli. L’entreprise ayant un cycle de vente assez long, elle a donc encore du travail pour le moment. Mais l’impact sera probablement plus marqué plus tard dans l’année. La visibilité d’Unica au second semestre reste dès lors pour l’instant encore assez floue. D’autant que la plupart de ses clients ont annoncé avoir reporté leurs investissements sine die.

En attendant que ses activités reprennent un rythme normal dès le redémarrage de l’économie au niveau mondial, Unica a donc décidé de proposer ses machines et ses services au secteur de la santé. Ainsi, l’entreprise fabrique des laveuses-essoreuses spécifiquement dédiées au médical. A la différence des machines classiques, elles sont équipées de deux portes : l’une de chargement à l’avant pour le linge contaminé et une autre à l’arrière, pour le déchargement en zone décontaminée. Elle entend les proposer pour une location aux institutions hospitalières qui en auraient besoin. « Nous nous chargeons du transport, de l’installation et de la mise en service de ces machines. Elles sont disponibles immédiatement », conclut Grégoire De Donnea.

Fusion du belge Nexum et du danois Proacteur

L’Echo, le 29 janvier 2020. Michel Lauwers.

Le bureau de conseil en formation et changement belge Nexum a conclu un accord de fusion avec Proacteur, un concurrent danois. Les deux entreprises en ont fondé une nouvelle, Nexum Group, qu’elles ont établie en Belgique avec le concours d’un partenaire financier local: Profinpar. Ce fonds d’investissement belge qui fédère une quarantaine d’entrepreneurs investisseurs a pris 33% dans le nouvel ensemble. Les actionnaires d’origine de Nexum et de Proacteur se partagent le solde, les premiers disposant de davantage de parts que les seconds pour refléter l’état des forces en présence. « Mais c’est un accord de fusion entre pairs », insiste Dimitri de Failly, partenaire chez Profinpar.

Les deux bureaux ont conclu, depuis plusieurs années déjà, un accord de partenariat avec Prosci, une entreprise américaine qui a mis au point une méthodologie de gestion du changement dans l’entreprise. « Six Sigma est reconnu comme l’étalon mondial de la gestion de la qualité, explique Dimitri de Failly; Prosci est l’équivalent de Six Sigma dans le ‘change management’. »

Prosci opère en concluant des partenariats avec exclusivité régionale. C’est ainsi que Nexum s’est construit une base de clients en conduite du changement en Belgique, France, Suisse, au Grand-Duché et au Maroc, tandis que Proacteur a fait de même dans les pays scandinaves.

Les deux vont unir leurs forces et leurs équipes (35 consultants et coaches chez Nexum, 15 chez Proacteur) et dégager des synergies. L’augmentation de capital consécutive à l’arrivée de Profinpar dans le tour de table les aidera à atteindre leur nouvel objectif, à savoir devenir le cabinet de consultance le plus puissant dans la conduite du changement dans les régions couvertes.

Le nouveau groupe sera dirigé par Caroline Morck Jensen qui était précédemment associée chez Nexum. Ella a la nationalité danoise: un double statut qui la prédestinait à ce nouveau rôle. M.Lw.

L’année 2020 débute sur le déploiement du groupe Castingpar

Communication Castingpar.

Un changement de nom pour le groupe

Après l’acquisition en septembre 2019 de la fonderie de titane SETTAS à Charleroi (Belgique), PRECIMETAL Holding se mue en société opérationnelle, tête de groupe industriel et prend la dénomination CASTINGPAR.

Castingpar poursuit sa croissance externe

Outre ses deux filiales belges à 100%, Castingpar a pris une participation majoritaire dans un atelier d’usinage en France : Mécanique de Précision de l’Orléanais (MPO)

MPO est un atelier d’usinage (fraisage et tournage) actif depuis plus de 40 ans dans la fabrication de pièces complexes, en tous matériaux, en petites et moyennes séries.
MPO sert les secteurs de l’aéronautique et défense ainsi que l’industrie en général. MPO dispose de toutes les certifications (notamment EN9100 pour les secteurs A & D).
Cette société a acquis une expertise dans la reprise des pièces de fonderie, notamment en établissant un partenariat de plus de 20 ans avec Précimétal.
MPO a participé, en s’intégrant dans la chaîne logistique de Précimétal, aux récents projets d’intégration verticale que Précimétal a pu mener à bien avec ses clients principaux afin de leur fournir sur site, les pièces terminées, prêtes à l’emploi.

La prise de contrôle est ici un pas stratégique supplémentaire dans cette intégration.

MPO compte une bonne trentaine de collaborateurs expérimentés. Sa récente appartenance au groupe Castingpar lui permettra d’assurer la croissance grâce aux volumes d’affaires apportés par ses sociétés soeurs Settas et Précimétal pour la finition de leur pièces mais également par les marchés pratiqués par ces sociétés.

PRECIMETAL produit des pièces métalliques de haute précision en fonderie à la cire perdue pour les marchés internationaux aéronautiques, défense, orthopédique, et industriels avec une expertise reconnue par ses clients. Les ventes de PRECIMETAL se sont élevées en 2019 à 12 M€ et la société emploie 115 personnes.

SETTAS est une fonderie de précision (moulage cire perdue et sable) produisant des pièces en titane jusqu’à 400 kg destinées aux marchés aéronautique, défense et autres industries. SETTAS emploie à ce jour 100 personnes et a réalisé en 2019 un CA de l’ordre de 17 M€.

Les deux sociétés disposent des certifications AS/EN9100, Nadcap et autres.

Précimétal reprend la fonderie Settas avec Profinpar

L’Echo, 3 octobre 2019. Michel Lauwers.

Deux fonderies de haute précision réunissent leurs destinées en Wallonie.

Précimétal, établie à Seneffe, rachète Settas, une concurrente installée à Charleroi. La première appartient à deux fonds de private equity français, Ciclad et Adaxtra Capital, tandis que la seconde appartenait jusqu’ici au groupe anglo-américain Doncasters. Pour financer l’opération, Précimétal Holding, la société faîtière de Précimétal, a augmenté son capital. Elle a saisi l’occasion pour ouvrir celui-ci à un nouvel actionnaire: la société d’investissement belge Profinpar, créée par un ensemble d’entrepreneurs. Profinpar a acquis 25% du capital du holding, dont Ciclad est resté l’actionnaire majoritaire. À noter que tous les actionnaires existants ont également participé à l’augmentation de capital, ce qui inclut des membres de la direction de Précimétal ainsi que d’autres investisseurs privés.

Si les montants en jeu n’ont pas été dévoilés, on sait que Settas a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 16 millions d’euros avec une équipe de 98 personnes, tandis que Précimétal a enregistré pour 13,6 millions d’euros de ventes avec un effectif de 116 personnes.

« L’opération n’aura aucun impact sur l’emploi, souligne Philippe Hoste, le CEO de Précimétal qui cumulera désormais la fonction pour chacune des deux sociétés. Ce sera une addition des deux équipes dans un objectif commun de croissance et de développement. Le marché aéronautique a des perspectives de croissance importante », dont le nouvel ensemble compte bien profiter. « Vous pouvez additionner nos chiffres d’affaires et nos effectifs, poursuit le dirigeant. Cela fait 30 millions d’euros pour 220 emplois. Mais sans fusion, à ce stade: les deux usines, les deux personnels et les deux organisations resteront en place, à 19 km de distance. Et l’on ira chercher les synergies. »

Avec Profinpar, Unica va doubler sa production

L’Echo, 8 février 2019. Michel Lauwers.

Le fonds entrepreneurial Profinpar mise sur le potentiel d’Unica, une PME bruxelloise qui vend ses laveuses industrielles dans 50 pays.

Profinpar, le fonds belge animé par une équipe de 45 investisseurs-entrepreneurs, vient d’effectuer son cinquième investissement en entrant dans le capital d’Unica. L’entreprise établie au nord de Bruxelles conçoit, fabrique et commercialise des laveuses-essoreuses industrielles destinées aux blanchisseries, aux collectivités et aux hôpitaux. Elle fait partie de ces PME qui se distinguent en toute discrétion à l’exportation: elle réalise 95% de son chiffre d’affaires, de quelque 5 millions d’euros par an, à l’étranger en opérant dans une cinquantaine de pays. Ses plus gros marchés sont la France, l’Arabie Saoudite et le Royaume-Uni. L’Union européenne absorbe 70% de ses ventes, ce qui ne l’empêche pas d’aller à la chasse aux clients au Mexique ou au Japon.

Unica était jusqu’ici une société familiale. Xavier Degrave, le fils du fondateur, en était resté le propriétaire et en assurait la gestion. Il a cédé la majorité à Profinpar, mais a conservé une part et restera à bord pour épauler la nouvelle direction durant un an. « Xavier Degrave a accompli un travail fantastique en développant ces machines », indique Thomas Walgraffe, l’un des trois partners de Profinpar. « C’est maintenant le moment opportun pour accélérer la croissance de l’entreprise en s’appuyant sur ses fondations solides », ajoute-t-il.

Nouveau patron

Xavier Degrave a passé le témoin de CEO à Grégoire de Donnéa, 38 ans. Celui-ci a fait ses classes chez L’Oréal puis Electrolux, avant d’embrasser la fonction de directeur général Belgique-Luxembourg pour le groupe allemand Teka-Kuppersbusch, un fabricant d’électroménager fournissant notamment les cuisinistes en Belgique. Il passe donc des machines à laver pour particuliers à celles pour professionnels.

« Unica a un produit incroyable en termes de développement et de qualité, souligne le nouveau CEO. L’emballage (entendez: le marketing et la distribution) est en revanche à améliorer. » C’est là que les nouveaux propriétaires vont imprimer leur marque. « Nous allons moderniser l’entreprise tout en gardant son ADN et sa culture, poursuit Grégoire de Donnéa. Nous allons notamment ajouter de la connectivité à nos machines, pour que ses utilisateurs bénéficient à l’avenir d’un suivi plus fin. Sur le plan du marketing, nous allons dépoussiérer notre logo, créer un nouveau site internet et augmenter notre puissance de frappe à la distribution. »

Nouvel objectif

Last but not least, la nouvelle direction compte agrandir l’usine pour en augmenter les capacités. Objectif: doubler son volume de production dans les 5 ans. Ce projet passera par l’engagement, rapidement, d’un directeur de production et le recrutement de deux collaborateurs supplémentaires. La PME emploie 15 personnes.

Une partie des moyens financiers nécessaires proviendra du nouvel actionnaire, Profinpar. Le fonds a aussi délégué l’un des entrepreneurs de son équipe pour accompagner ces développements en siégeant au conseil d’administration d’Unica. Ce rôle sera assuré par Philippe Gillain, un ancien administrateur-délégué de la société Euro-Diesel, spécialisée dans les systèmes électriques de secours. « C’est l’approche industrielle de Profinpar manifestée par la valeur ajoutée entrepreneuriale de ses intervenants qui m’a décidé à leur faire confiance pour la poursuite du développement de notre entreprise familiale », déclare Xavier Degrave.

Le montant de l’investissement par Profinpar n’a pas été dévoilé. On sait toutefois que le fonds a pour stratégie d’injecter entre 2 et 6 millions d’euros par participation. Unica est sa première incursion dans le secteur de la fabrication mécanique.

Les acteurs

Profinpar est un fonds de capital à risque fédérant 45 investisseurs qui sont ou ont été aussi entrepreneurs. Il investit 2 à 6 millions par participation dans des PME en Belgique, au grand-duché ou en France. Il privilégie les entreprises de niche et les secteurs en consolidation. Unica est son cinquième investissement depuis son lancement sous sa forme actuelle en 2017. Auparavant, il a pris des parts dans ODB & Associés, Mid Finance, Pro Leather et IHPO.

Profinpar investit dans IHPO, l’électroménager low cost

L’Echo, 12 décembre 2018. Michel Lauwers.

Après avoir investi dans ODB & Associés, Pro Leather et Mid Finance, le fonds belgo-wallon fait ses premiers pas dans le secteur du retail.

Profinpar, le fonds de capital à risque composé d’entrepreneurs-investisseurs, vient de réaliser un nouvel investissement dans le secteur du retail. Il a pris une participation « de 2 à 5 millions d’euros » dans IHPO, une petite chaîne de magasins d’appareils électroménagers de marque proposés à prix réduits. Créée il y a trente ans, IHPO compte aujourd’hui six magasins situés à Bruxelles et alentours ainsi qu’à Anvers. Elle fournit également, en business-to-business, des promoteurs immobiliers. Elle a développé un concept de low cost de l’électroménager en achetant des lots auprès des grandes marques du secteur. Il s’agit tantôt de fin de série, tantôt de déstockage, voire d’appareils griffés, mais toujours de machines neuves.

L’entreprise a été reprise il y a deux ans par Marc van Cutsem, un homme qui avait fait jusque là l’essentiel de sa carrière dans le milieu de la publicité. Il avait notamment dirigé l’agence conseil en communication The Sales Factory, spécialisée dans la promotion des ventes. « J’ai racheté IHPO par passion pour le retail et la promo, mais aussi parce que l’entreprise était face à un défi stratégique et managérial passionnant », souligne Marc van Cutsem.

Investir en logistique

Dans son nouveau métier, les tâches de logistique et d’installation prennent de plus en plus d’importance. Les clients sont de plus en plus nombreux à vouloir que la marchandise leur soit livrée à domicile et installée. « J’ai racheté l’entreprise en 2016 avec l’intention de croître petit à petit, explique van Cutsem. Mais entre-temps, j’ai découvert des opportunités de croissance plus importantes que je ne pensais, et nous avons perçu la nécessité de développer plus avant notre logistique, avec un gros défi à relever au niveau du service de livraison. » Deux raisons pour lesquelles il a décidé d’ouvrir son capital.

Il a ensuite été séduit par l’approche adoptée par Profinpar, ainsi que par la personnalité de certains investisseurs présents au tour de table qui, pour rappel, sont tous des entrepreneurs ou d’anciens grands patrons. « Il y a là des gens extraordinairement compétents dans le retail », s’enthousiasme van Cutsem.

De son côté, le fonds dit avoir été « convaincu par l’originalité et la pertinence du business model de IHPO », de même que par son potentiel.

Profinpar mise sur MiD Finance pour en faire un leader

L’Echo, 20 septembre 2018. Michel Lauwers.

Profinpar mise sur Mid Finance pour en faire un leader

Le fonds belgo-wallon fédérant des entrepreneurs-investisseurs a pris une participation dans le courtier en crédits et assurances Mid Finance. Objectif: en faire un leader wallon.

Profinpar, le fonds d’investissement lancé par une quarantaine d’entrepreneurs belges réputés, a procédé à son troisième investissement depuis ses premiers pas en mai 2017. Après avoir injecté des capitaux dans le cabinet d’experts comptables et fiscaux ODB & Associés et dans la tannerie Pro Leather, il a souscrit une participation dans Mid Finance, une société de courtage en crédits à la consommation, crédits hypothécaires et assurances. Il s’agit d’un investissement de plus de 2 millions d’euros, pour une participation « importante », sans que Profinpar ne précise les montants.

Le fonds a racheté des parts au fondateur, Michel David. Après avoir été seul aux commandes, il a souhaité se voir accompagner pour faire croître son « bébé ». Mid Finance a son siège à Fléron, dans la province de Liège, emploie une vingtaine de personnes et exploite trois bureaux, à Liège, Charleroi et Luxembourg (grand-duché). Il travaille également en ligne via sa plateforme midfinance.be.

L’intermédiation en crédits à la consommation et en crédits hypothécaires constitue son core business, tandis que le courtage en assurances est une activité qu’il a déployée en complément. C’est un bureau indépendant, qui opère pour les filiales de crédit « conso » des quatre premières banques de la place, ainsi que pour les principales compagnies d’assurance.

L’ouverture de son capital au fonds Profinpar lui donnera les moyens d’accélérer sa croissance. La direction de Mid Finance s’est fixé pour ambition de devenir le premier courtier indépendant en crédits de Wallonie. Pour y parvenir, le cabinet devra étendre son réseau à l’ensemble de la Belgique francophone, Bruxelles incluse. Un projet qui passera par l’ouverture de nouveaux bureaux, notamment dans la capitale. Mid Finance engagera des collaborateurs supplémentaires pour soutenir ce déploiement.

« Mid Finance opère dans un métier très compétitif et fort orienté en ligne, souligne Dimitri de Failly, un des partenaires à la tête de Profinpar. Dans son activité de crédit personnel, contrairement à celle d’assurance de biens, le client a tendance à papillonner beaucoup. Il faut donc se distinguer par la qualité du service et du conseil et la réactivité, tous des domaines dans lesquels Mid Finance se montre très bon. »

Deux autres projets dans le pipeline

Profinpar a pour stratégie d’investir entre 2 et 6 millions d’euros dans des PME ou entreprises familiales d’une valeur d’entreprise de 2 à 20 millions. Ce fonds qui se targue de bénéficier de l’expérience de ses 45 entrepreneurs-investisseurs a retenu six secteurs d’activités dans lesquels investir: l’agroalimentaire, le monde de l’ingénieur, la qualité de la vie, l’environnement et l’habitat, les services, la distribution et les marques. Avec Mid Finance, il en est à son deuxième investissement dans les services. À l’avenir, il entend mettre davantage l’accent sur ses autres domaines de prédilection. Concrètement, il étudie pour l’instant en profondeur deux projets, l’un dans la distribution, l’autre dans l’industrie.

« Investisseur privé wallon », une espèce en voie d’apparition

L’Echo, 9 septembre 2018. Michel Lauwers.

« Investisseur privé wallon », une espèce en voie d’apparition.

Coup d’oeil sur les investisseurs privés les plus prompts à aider les entreprises wallonnes à se développer: à côté des fonds, les ex-patrons investisseurs forment un des maillons les plus solides de la chaîne.

Quels sont les principaux investisseurs privés qui irriguent les capitaux des entreprises actives en Wallonie? Une question simple, à laquelle la plupart des experts répondent par un haussement d’épaules. « De nombreux business angels investissent à la petite cuiller et de manière dispersée, à l’image des 100.000 PME de la région », nous dit l’un d’eux. « Les invests (semi-publics) et les holdings régionaux (100% publics) tels que la SRIW et la Sogepa sont les principaux apporteurs de capitaux, nous dit un autre. Ils sont loin devant en termes de montants et de nombre d’opérations; derrière eux, opèrent une trentaine de fonds privés, sans que l’un d’eux ne se détache du lot. »

Pas une raison pour s’arrêter de chercher. « Le paysage de l’investissement est très éclaté, comme l’est la typologie des entreprises wallonnes, où il y a deux ou trois grands groupes, puis une poignée de grosses PME, à côté d’une majorité de petites, souligne Dimitri de Failly, partenaire chez Profinpar, un des derniers nés parmi les fonds axés sur la Région. En négociation pour un investissement, en face de nous on rencontre le plus souvent des acteurs industriels, qui sont dans une démarche d’intégration, quelques investisseurs privés professionnels, comme nous (mais peu), et puis des individus qui veulent racheter une entreprise pour la manager eux-mêmes (buy-in). »

Quatre profils d’investisseurs

Parmi ces investisseurs privés, on arrive à distinguer quatre types: les holdings, les fonds d’investissement de private equity, les anciens entrepreneurs devenus investisseurs professionnels, et les « héritiers », alias les membres de grandes familles actionnaires de multinationales présents dans la Région. Avec certains chevauchements entre ces différents groupes, bien sûr.

Les grands holdings belges se montrent peu présents sur la scène wallonne. Le groupe Frère, qui y a été un des plus actifs (sidérurgie, Dupuis, unités de Petrofina…), n’y a plus grand chose: plus rien de wallon dans le portefeuille de GBL, une présence indirecte dans celui de CNP via les unités régionales des chaînes retail International Dury Free et Distriplus, plus rien non plus dans celui d’Ergon Capital depuis sa sortie de l’éditeur De Boeck. Le groupe a failli revenir dans l’investissement wallon en prenant une part de 25 à 30% dans la Sonaca il y a deux ans, mais le deal a avorté. Cobepa a une participation dans Carmeuse (chaux). Verlinvest, plutôt dirigé vers l’étranger, détient une participation wallonne conséquente, dans les Carrières du Hainaut.

Du côté flamand, AvH en a une dans la biotech OncoDNA, tandis que Korys, holding de la famille Colruyt, est actionnaire de la pharmacie en ligne NewPharma. Bois Sauvage en fait davantage: il détient des actions dans Nanocyl (nanotubes), Galactic (acides lactiques, lactates) et la biotech bruxelloise devenue carolo Bone Therapeutics. Le portefeuille de Floridienne est encore mieux garni en nombre d’investissements wallons avec Delka, Merydis,HB Products, Altesse Quality Food (tous quatres actifs dans l’agro-alimentaire), Sotecna (huiles essentielles) et Enzybel (enzymes naturels). Le holding Finascure, enfin, est l’actionnaire principal dans Futerro et Galactic, qui planchent sur des plastiques végétaux à Escanaffles.

Les fonds de private equity et assimilés (clubs d’investissement, holdings d’entrepreneurs) sont par nature plus remuants que les holdings cotés. Parmi eux se démarquent les fonds qui fédèrent des entrepreneurs. C’est le cas de Profinpar, créé récemment et déjà investi dans deux sociétés wallonnes, ProLeather (tannerie et vente de cuirs) et ODB & Associés (experts comptables et ficaux), ou du Caring Entrepreneurship Fund lancé par Roch Doliveux, l’ancien CEO d’UCB. Créé par Yves Noël et Bernard Joly, Noma Invest se situe dans un créneau voisin: il s’en distingue par le fait qu’il est le premier actionnaire de NMC (mousses synthétiques), l’entreprise fondée par la famille Noël, mais il a investi aussi dans Ceran (apprentissage des langues), Nanocyl et Sprimoglass (verre). Il a de plus mis quelques billes dans Investsud et dans Profinpar.

Bien que bruxellois, Inventures I, le premier des deux fonds à impact étrennés par l’équipe d’Olivier de Duve, s’est aussi intéressé aux start-up et promesses wallonnes avec Acar Up et Domobios, 2Houses, Auctelia, Opinum, Elysia et OndoDNA.

Avec Valois, le fonds de la famille Mestdagh, on aborde l’important volet des biotechs: il détient 45% de Kitozyme et 14% de Kiomed Pharma à Liège. Son portefeuille wallon comprend également la Distillerie de Biercée, Tripy et Quality Assitance. Qui dit biotech, dit Newton BioCapital, le fonds belgo-grand-ducal: celui-ci est investi dans ChromaCure, Dim3, Epics Therapeutics et Synergia Medical.  Fund+, le gros fonds lancé par Désiré Collen pour doper les sociétés biotech, est à ce jour intervenu au capital de trois jeunes pousses du sud du pays: Nivadip, Iteos Therapeutics et Promethera Biosciences.

Plusieurs fonds de private equity flamands possèdent des actions dans une ou deux pépites wallonnes. C’est le cas d’Indufin (dans NMC), de Fortino ( UnifiedPost), d’E Capital (Oh!Green et TMI-CTI), de Sofindev (Cassis & Paprika) , de Volta Ventures (Qualifio), de Capricorn (Diagenode, Istar Medical) et de Vendis (Pranarôm). Quelques fonds étrangers montrent aussi le bout du nez, tel que le français Argos, qui a a racheté Gantrex, société nivelloise spécialise dans les fixations et rails pour grue.

Parmi les derniers arrivés sur le marché, citons Chroma Impact Investment et Ardent Invest. Le premier a levé 40 millions pour investir dans des projets « greentech », le second s’est déjà constitué un petit portefeuille composé d’une activité brassicole (Belgium Beer Export), d’un business d’affichage (Ledcom) et d’un pôle immobilier.

Parmi les ex-patrons mués en investisseurs, Marc Coucke (ex-Omega Pharma) s’est nettement démarqué ces derniers mois du commun des investisseurs flamands en misant beaucoup sur la Wallonie, confer ses injections de fonds conséquentes dans Pairi Daiza, Mithra, Durby Adventure et La Petite Merveille, dans l’immobilier à Brugelette et plus récemment dans deux golfs. Certains autres anciens dirigeants agissent via un holding ou un fonds. C’est le cas de Laurent Minguet avec IMG, actionnaire de Mega, Imperia, Green Invest ou Enerwood, et de Michel Delloye avec CityHolding (EVS, UnifiedPost). Même topo pour Bewatt, le fonds créé par Bruno Vanderschueren, ex-co-fondateur de Lampiris, qui se concentre sur l’énergie au sud du pays avec des mises dans Opinum, Heulogy et Dynamia Invest. D’autres, Comme François Blondel, agissent en solo. Blondel détient des actions dans Kitozyme, OncoDNA, Uniteq, Celyad, ainsi que dans le fonds Profinpar. George Forrest, le président du groupe belgo-congolais GFI, a investi cette année sur ses deniers personnels dans Val Saint-Lambert, comme il l’avait déjà fait par le passé avec New Lachaussée. On rangera au même chapitre les managers-investisseurs que sont devenus Pierre Mottet (Xylowatt, sans oublier son fonds d’amorçage axé environnement SE’nSE), Pierre Drion (Epics), Pierre Rion (Pairi Daiza, Belrobotics, Epics, fonds E Capital…), Jean Stephenne, Pierre Meyers (Profinpar)…

Quant aux grandes familles actionnaires de multinationales, une de leurs caractéristiques est qu’elles touchent de gros dividendes, que certains de leurs membres replacent directement dans l’économie wallonne. Ils le font pour partie dans les fonds qui tablent sur le développement de la Région. C’est par exemple Jacques de Mévius, de la famille actionnaitre d’AB InBev, qui a souscrit des parts dans les fonds Inventures et Chroma Impact Investment. Ou Rodolphe Collinet, le dirigeant et propriétaire de Carmeuse, qui participe à l’aventure de Profinpar. Ils le font pour partie via leurs propres sociétés d’investissement; on a déjà cité Verlinvest (de Mevius), mais on pourrait aussi mentionner GDS Consult (de Spoelberch, AB InBev aussi), actionnaire notamment de Vertimmo.

D’autres, enfin, se démarquent en créant leur propre entreprise. A l’exemple des fils de la famille du carrier Lhoist, qui pilotent la firme d’événements  Knokke-Out ou les restaurants bio Tero. A l’image aussi des descendants Cornet de Ways Ruart (AB InBev) qui développent la société de services par hélicoptères Heli & Co, d’Olivier de Spoelberch (AB InBev), qui a repris l’Aérodrome de Namur, ou encore de Marc van der Straten Ponthoz (AB InBev toujours), qui gère son équipe de sports moteurs VDS.

Dans le sillage de Coucke

→ Qu’en conclure? « En valeur, le marché est plutôt aux mains des invests et des institutionnels (surtout publics), mais on assiste actuellement au réveil des entrepreneurs, estime Guillaume Deschamps, associé au bureau conseil Deloitte Belgium. Marc Coucke et compagnie instillent un renouveau : vont-ils en inspirer d’autres ? C’est ce qu’on espère. »

Et si l’on observe les secteurs les plus prisés? « La biotech est en vogue, répond-il. L’énergie moins, me semble-t-il, car une grande partie de ce marché est déjà verrouillé. Il faudra voir comment va évoluer le secteur automobile, notamment en fonction de l’investissement chinois qui aura lieu ou non à Gosselies… Et puis le géant Alibaba va investir à Liege Airport, ce sera peut-être le début d’une tendance dans le secteur de la logistique.

On méditera, in fine, ce constat émis par un des principaux invests de la Région: « Il y a de l’argent en Wallonie, certes, mais il faut qu’il sorte pour soutenir les projets! Il y en a peu qui viennent en soutien des PME. Ils préfèrent jouer plus grand en investissant à l’international. Sauf dans le secteur de la biotech…  »

En d’autres mots, les détenteurs de capitaux au sud du pays font encore trop peu confiance aux forces vives de leur région. Mais c’est en train de changer, ainsi que le montre ce foisonnement d’initiatives…