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L’ouverture du capital des PME en tant que levier de développement et accélérateur de croissance

Belgian Financial Forum, 4 octobre 2017. Pierre Robin.

Plusieurs analyses confirment que les PME wallonnes sont souvent sous-capitalisées et de petite taille. En plus d’un apport en capital, ces entreprises ont par ailleurs souvent intérêt à bénéficier du support et des compétences de professionnels expérimentés. 

Plusieurs analyses confirment que les PME wallonnes sont souvent sous-capitalisées et de petite taille. En plus d’un apport en capital, ces entreprises ont par ailleurs souvent intérêt à bénéficier du support et des compétences de professionnels expérimentés. L’offre en capital à risque dans nos régions est présente en volume mais elle est très segmentée en fonction de nombreux paramètres. Par ailleurs, la typologie des dirigeants actionnaires ainsi que l’implication plus ou moins active de l’investisseur dans le partenariat sont des facteurs clefs à prendre en compte. L’ouverture du capital à un investisseur extérieur est un levier de développement et peut créer de la valeur en devenant un accélérateur de croissance pour autant que le partenariat soit bien structuré, ce qui suppose notamment une bonne adéquation entre les besoins de l’entreprise et la nature de l’offre. Dans cet environnement complexe, PROFINPAR entend être un accélérateur de croissance qui s’adresse à des situations où son offre d’investissement en capital à risque est souhaitée et influente. Elle s’inscrit dans le cadre d’un partenariat actif en soutien du CEO ou d’une équipe dirigeante ouverts aux principes de cette collaboration. Ce partenariat actif s’appuie sur le talent pool de Profinpar constitué de plus de 40 dirigeants d’entreprise.

Belgian Financial Forum - Digital Edition 5-04

Financer la croissance des PME

Trends-Tendances, 22 juin 2017. Guy Van den Noortgate.

Avec son fonds d’une trentaine de millions d’euros dévolu spécifiquement aux PME de taille moyenne, Profinpar propose une offre de capitaux à risque assortie de l’expertise d’entrepreneurs-investisseurs. Un cocktail qui ne peut que doper leur croissance.

Si la Belgique compte nombre d’entreprises en croissance comme l’illustrent les multiples Gazelles mises à l’honneur par Trends-Tendances depuis une quinzaine d’années, force est de constater qu’elles pourraient être infiniment plus nombreuses. Car les sociétés qui sont dotées d’un réel potentiel de croissance ne manquent pas. Mais pour toute une série de raisons, leurs responsables se sont fixé des limites, consciemment ou inconsciemment. La première d’entre elles, qu’il ne faut pas négliger mais qu’il ne faut pas non plus surestimer, est le « plafond syndical », qui pour les PME ne dépasse pas les 49 travailleurs. Au-delà, la loi prévoit l’institution de conseils d’entreprise – des dérogations sont toutefois possibles – et la mise en place de comités de prévention et de protection. C’est clairement un frein aux ambitions de croissance, mais le plus souvent, c’est d’abord la décision du patron qui signifie la véritable fin de non-recevoir à toute évolution. Pour diverses raisons, il ne se sent pas capable de gérer une structure plus importante ou ne le souhaite tout simplement pas. Et pour ceux qui affichent une volonté de progression, d’autres obstacles se dressent sur leur route, parmi lesquels le financement.

Sous-capitalisation des PME

«Différentes études réalisées par la Région wallonne, EY, PwC ou Febelfin, pointent le manque de capitalisation de certaines PME wallonnes, souligne Pierre Robin, managing partner de Profinpar. Or, cette sous-capitalisation entrave la croissance et le développement de ces PME. L’offre en capital à risque est également fort segmentée et nous remarquons une offre trop limitée pour des investissements compris entre 2 et 5 millions d’euros.» Dans la foulée de ce constat, on peut mentionner l’étude Analyse des performances et évolutions du tissu PME wallon, présentée en 2014 par Philippe Pire, associé chez EY. De cette dernière qui porte sur l’évolution de 11.000 PME du secteur marchand entre 2006 et 2012, il ressort notamment qu’il y a en moyenne moins d’entreprises en Wallonie que dans les régions avoisinantes. Le déficit se situe principalement au niveau des entreprises de taille moyenne. Par ailleurs, la capitalisation des PME wallonnes se place à un niveau comparativement bas. Enfin, les PME wallonnes sont globalement plus fragiles que les PME flamandes. Ainsi, près d’un quart d’entre elles pourraient être mises en dif-ficulté en cas de coup dur.

C’est pour répondre à cette situation que Profinpar a développé un concept reposant sur un investissement en capital à risque dans une fourchette comprise entre 2 et 6 millions d’euros combiné à de l’accompagnement aux dirigeants de PME. Le fonds, avec un minimum de 30 et un maximum de 45 millions d’euros, a déjà recueilli plus d’une trentaine de millions auprès d’une quarantaine de dirigeants d’entreprises belges, luxembourgeois et français, d’investisseurs patri-moniaux et d’acteurs institutionnels tels que Belfius et la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI). Outre l’encadrement de l’équipe de Profinpar, les PME pourront bénéficier des conseils d’entrepreneurs tels que Françoise Belfroid (groupe Ronveaux), François Blondel (OncoDNA, KitoZyme), Rodolphe Collinet (Carmeuse), Jean-Pierre Delwart (Eurogentec), Olivier Legrain (IBA), Erik Maes (Père Olive), Etienne Rigo (Octa+), Thierry Quertinmont (Trafic) ou encore Bruno Vanderschueren (Lampiris).

Un trio de choc

Ce nouveau fonds marque une nouvelle étape dans le développement de Profinpar, qui fête cette année ses 20 ans. Aux commandes, on retrouve donc Pierre Robin. Docteur en sciences et bioingénieur de formation, il a débuté sa carrière au sein du groupe Eternit où il est resté neuf ans avant de rejoindre Synerfi (Fortis Private Equity). En 1997, avec un groupe d’investisseurs, il fonde Profinpar où il gère l’opérationnel. En 20 ans, deux tours de table successifs ont réuni une vingtaine d’investisseurs et des investissements ont été réalisés dans 26 entreprises (consolidées en 12 groupes d’entreprises), relevant d’activités tant industrielles que commerciales ou de services, pour un montant total de l’ordre de 25 millions d’euros. Parmi les sociétés qui ont été soutenues ces 20 dernières années lors des deal clubs (associations d’investisseurs) 1 et 2, on peut citer entre autres Balteau (stations de pompages et d’épuration des eaux), Connex Group (sécurité), Federa (conditionnement de médicaments injectables), IRM Group (équipements de contrôle en sidérurgie) ou encore Veramic (verrerie pharmaceutique). Avec ce fonds d’investissement, Profinpar lance en quelque sorte un deal club 3 qui pourra s’appuyer d’une part, sur l’expérience de 25 ans de Pierre Robin en private equity, et d’autre part sur une équipe de gestionnaires permanents. Sans oublier les dirigeants d’entreprise qui sont partie prenante au projet.

Profinpar a développé un concept reposant sur un investissement en capital à risque dans une fourchette comprise entre 2 et 6 millions d’euros combiné à de l’accompagnement aux dirigeants de PME.

Afin de piloter ce fonds, Pierre Robin s’est adjoint deux fines lames en la personne de Dimitri de Failly et Thomas Walgraffe. Le premier, licencié de l’IAG, a travaillé durant sept ans chez PwC où il a effectué, entre autres, du conseil en management ainsi que des missions de marketing stratégique, et neuf ans au sein du family office lié à Guy Ullens de Schooten. Le second, ingénieur civil et titulaire d’un MBA de l’Insead, a derrière lui un

parcours industriel d’une vingtaine d’années, dont plus de la moitié à l’international, au sein de trois groupes : Umicore, Paul Wurth et CMI. Il y a occupé des fonctions de direction générale, commerciale et technique. Ensemble, ils ont déjà négocié une cinquantaine de deals en Belgique et à l’étranger. Une équipe qui réunit des compétences complémentaires et dont les membres ont déjà «mis les mains dans le cambouis ».

Entreprises de niches

Les entreprises ciblées par Profinpar sont des PME ou des entreprises familiales de taille moyenne qui emploient plus de 20 collaborateurs, dégagent une valeur ajoutée supérieure à 2 millions d’euros et dont la valeur d’entreprise oscille entre 2 et 20 millions d’euros. Elle vise des sociétés localisées en Belgique, au Grand-Duché et dans le nord de la France, avec une attention particulière accordée aux entreprises de niche ainsi qu’aux secteurs en consolidation. « Il va de soi que le dirigeant d’entreprise doit afficher une volonté de croissance, précise Pierre Robin. Nous apportons notre soutien aux PME qui manifestent le désir de se développer, que ce soit organiquement ou par acquisitions. Nous n’intervenons pas lors de la phase de démarrage pour laquelle d’autres outils existent. Notre offre s’adresse à des entreprises matures qui sont entravées dans leur progression par manque de capitaux.» La mission de Profinpar est claire : «Créer de la valeur pour les PME et les entreprises familiales et leurs actionnaires en contribuant en tant que catalyseur à leur développement volontariste, à leur transmission ou à leur optimisation. Et cela grâce à l’investissement à durée adaptée de capital à risque associé à un coaching actif mettant en oeuvre l’expertise de ses investisseurs-entrepreneurs eux-mêmes actionnaires et dirigeants de PME ou de groupes familiaux ».

«Nous nous intéressons principalement à six grands pôles: l’environnement et l’habitat, l’agroalimentaire, la technologie, la distribution et les marques, les services et la qualité de vie, explique Dimitri de Failly. Ce n’est pas exclusif. Nous ne nous adressons pas à des secteurs comme les biotechs ou les fintechs qui sont déjà bien couverts par des acteurs privés et publics.» Profinpar a déjà réalisé un premier investissement dans ODB & Associés. Ce cabinet d’experts comptables, fiscaux et juridiques, actif dans un secteur en pleine consolidation, souhaite se développer par croissance externe. Sur 100 dossiers, Profinpar en retient environ une dizaine pour une analyse approfondie dont deux ou trois aboutiront in fine à un investissement. Pour ces derniers, s’ajoute alors un entrepreneur partenaire qui va valider le dossier et le suivre ensuite en intégrant le conseil d’administration de l’entreprise dans laquelle Profinpar a pris une participation. «Les participations sont plutôt importantes avec des détentions supérieures à 35% du capital, précise Thomas Walgraffe. Ceci nous permet de contribuer au débat stratégique et aux décisions clés au sein du conseil d’administration. Et ainsi d’apporter une réelle valeur ajoutée à la PME. »

Partenariat actif

Dans la stratégie de Profinpar, la prise de participation peut monter jusqu’à 100%. Elle entend rester au capital des entreprises dans lesquelles elle apporte des fonds en moyenne cinq ans mais cela peut monter jusqu’à 11 ans. En pratique, elle intervient spécifiquement dans trois types de situation: la croissance, la transmission et l’optimisation. « L’important est que le projet d’entreprise et le projet des actionnaires soient bien en phase, ajoute Pierre Robin. Nous construisons avec le dirigeant de PME un partenariat actif, nous ne sommes pas là pour prendre les décisions de manière dictatoriale. Les deux mots clés de notre business model sont ‘argent’ et ‘talent’. Nous investissons du smart money dans le cadre d’un partenariat actif et constructif tirant parti des atouts respectifs des deux parties. Celui-ci consiste à soutenir un management professionnel actionnaire ou non, non seulement par des capitaux à risque mais également par la mobilisation des compétences ad hoc du talent pool. Notre offre rencontre ainsi des besoins dépassant le simple financement des fonds propres.»

PROFINPAR a déjà réalisé un premier investissement dans ODB & Associés.

Avec ce fonds, Profinpar répond clairement à un besoin sur le marché du financement des petites et moyennes entreprises qui sont nombreuses à être sous-capitalisées. Toutefois, cette offre s’adresse spécifiquement aux dirigeants d’entreprise qui affichent une volonté de croissance et qui sont disposés à ouvrir leur capital. Deux conditions que l’on ne rencontre pas nécessairement dans la plupart des PME et entreprises familiales. Mais on observe toutefois qu’avec la génération qui arrive progressivement aux affaires et qui remplace grosso mode celle des babyboomers, les mentalités évoluent et de nouveaux objectifs s’affichent.

Outre les aspects purement financiers, il convient de souligner l’apport en termes de coaching, de conseil, d’élaboration de stratégie et de suivi via le conseil d’administration que fournit Profinpar. Celui-ci peut s’appuyer sur un solide réseau d’expertise représenté par ses entrepreneurs-investisseurs. Comme le note l’équipe de Profinpar, «cet accompagnement stratégique permet au dirigeant de sortir de son isolement tout en lui fournissant les outils utiles au déploiement de ses talents managériaux », et ainsi d’assurer à terme la pérennité de son entreprise. Un peu à la manière de Profinpar qui a su se réinventer en s’ouvrant de nouveaux horizons de développement.

Profinpar in the news : « La Wallonie en catégorie poids moyen »

L’Echo, 17 juin 2017. Anne-Sophie Bailly.

L’édito d’Anne-Sophie Bailly

Seules deux sociétés industrielles wallonnes affichent un chiffre d’affaires qui dépasse le milliard d’euros. C’est peu. Trop peu? Oui, sans aucun doute. On préférerait de loin – et comme à Bruxelles ou en Flandre – utiliser nos deux mains pour compter les champions wallons. Mais ce n’est pas le cas. Même si pour être de bon compte, il faut préciser que de nombreux géants originaires de la région ont installé leur QG dans la capitale et échappent du coup aux stats wallonnes.

Une fois ce constat dressé, qu’avons-nous comme option? Pleurer à l’envi sur la désindustrialisation de la Wallonie. Sur une industrie vieillissante qui a fait les heures de gloire de la région, en mode « c’était mieux avant ». À quoi bon? Ce temps-là est révolu.

Le futur industriel de la Wallonie ne se joue-t-il pas sur le milieu de gamme?

Autre option: essayer de garder à tout prix – et à grands renforts de subsides – les implantations belges de multinationales? C’est louable. Mais ça fait rarement mouche. Quand un conseil d’administration décide dans l’Illinois de rationaliser ses sites de production, le séisme local qu’il engendre ne fait que l’effleurer. C’est la dure loi de la vie des entreprises. Mais c’est leur loi.

Sans parler du danger qu’il y a à voir des milliers d’emplois dépendre d’une poignée d’employeurs étrangers.

Alors quoi: miser sur les PME? On a déjà écrit 1.000 fois au moins que c’était le terreau de l’emploi wallon. On peut l’écrire une 1.001e fois. ça reste vrai. D’ailleurs, on n’en a jamais autant fait en Belgique pour soutenir les indépendants qu’au cours des 15 dernières années. Avec raison.

Mais la vraie question n’est-elle pas de savoir si le futur industriel de la Wallonie ne se trouve pas dans le milieu de gamme? Si le sud du pays ne doit pas mettre toute son énergie à jouer dans la catégorie poids moyen?

On a récemment vu quelques initiatives prendre résolument cette option. Citons le fonds wallon Profinpar qui cible les PME de 20 à 30 personnes en phase de croissance ou Smile Invest qui veut soutenir le développement international d’entreprises du Benelux. In fine, leur objectif n’est ni plus, ni moins que de faire de ces entreprises les champions belges ou beneluxiens de demain. Pour autant qu’elles s’inscrivent dans une des technologies d’avenir de demain. Et ça, c’est une condition sine qua non.

Outre les moyens financiers apportés par ces fonds, c’est du coaching, de l’expertise que ces parrains apportent à leurs poulains avec un but avoué: ancrer ces entreprises durablement dans leur pays d’origine.

C’est de ce genre d’initiatives dont la Wallonie a grandement besoin. Car c’est en les multipliant qu’on éviterait que des Ice-Watch qui portent partout dans le monde les couleurs de la Wallonie ne cherchent finalement un avenir en dehors de nos frontières.

Quarante patrons pour financer nos PME

L’Echo, 20 mai 2017. Michel Lauwers.

Dans l’univers du venture capital, Profinpar bouche un trou en ciblant les PME ayant besoin de 2 à 5 millions pour croître. Il y ajoute la manière en fédérant 40 entrepreneurs emblématiques pour l’y aider.

Nombre de petites et moyennes entreprises belges en général, et wallonnes en particulier, voient leur développement freiné par un manque de capitaux ou un problème de transmission. C’est surtout dans la tranche des « small caps » qu’il y a un trou à combler: les PME employant un peu plus de vingt personnes et affichant une valeur d’entreprise entre 2 et 15 millions d’euros. Les entreprises plus jeunes, telles que les start-ups, peuvent s’adresser à une foule d’instruments de financement privés ou publics qui leur sont dédiés, les plus âgées et plus grosses trouvent des réponses du côté des sociétés de venture capital ou d’investissement ayant pignon sur rue en Belgique, voire au-delà. C’est pour offrir une réponse à ce « ventre mou » du corps industriel belgo-wallon que Pierre Robin et quelques investisseurs qui l’avaient accompagné précédemment viennent de constituer le fonds d’investissement Profinpar.

Celui-ci va investir une trentaine de millions d’euros dans une douzaine de ces PME afin de soutenir leur croissance, de les optimiser ou de régler le problème de succession à leur tête. Pour valider ses choix d’investissement et s’assurer de disposer de toute l’expertise nécessaire, Pierre Robin a convaincu une série de grands entrepreneurs de la place de monter à bord du navire. C’est ainsi que des Rodolphe Collinet (CEO du groupe Carmeuse), François Blondel (OncoDNA, KitoZyme), Françoise Belfroid (Ronveaux), Étienne Rigo (Octa+), Thierry Quertinmont (Trafic), Olivier Legrain (IBA), Erik Maes (Père Olive) ou autre Jean-Pierre Delwart (Eurogentec) ont à la fois investi dans Profinpar et accepté de monter ponctuellement au front pour conseiller et accompagner les PME participées opérant dans leur secteur. Un modèle original, dont le « capital séduction » a déjà agi en permettant de rallier quarante patrons de ce calibre au projet.

L'Echo 20 mai 2017

Du « deal club » au fonds

Ingénieur et docteur en sciences, Pierre Robin a débuté sa carrière au service du groupe Eternit, avant de rallier la première équipe de capital-risque créée par la Générale de Banque et logée dans Synerfi. Après huit ans et nombre de transactions sous cette enseigne, il a créé Profinpar avec six hommes d’affaires en 1997: il y était le seul à occuper des fonctions opérationnelles, mais n’en était pas actionnaire. Depuis, cette équipe-là a vieilli et certains associés s’en sont retirés. « Il y a quatre ans, j’ai retrouvé ma liberté et on a constitué un nouveau tour de table avec à la fois des enfants des anciens et de nouveaux investisseurs. Cette fois, je suis devenu moi aussi investisseur. On a voulu pérenniser la belle histoire entamée. On a réalisé vingt-six transactions et investi 25 millions d’euros avec ce deal club dans douze entreprises. » Cette Profinpar n° 2 a notamment pris sous son aile Connex Group, la fusion de trois installateurs de systèmes de sécurité qui est devenue en quelques années un leader belge. Mais la structure fonctionnait comme un « deal club », avec ses limitations: « Sur chaque investissement,les associés avaient le droit de participer ou non; il fallait chaque fois les convaincre, c’était lent. »

D’où l’idée de lancer un Profinpar n° 3. Cahier des charges: doter le fonds d’une équipe de gestionnaires permanents, ouvrir le tour de table en attirant des dirigeants d’entreprises pour leurs compétences, avoir du capital à disposition, mobilisable par tranches en fonction des investissements, disposer d’un processus de décision efficace, conserver le nom de Profinpar car il est connu et jouit d’une aura positive en raison de ses résultats passés.

Il y a un an et demi, Pierre Robin a pris son bâton de pèlerin. Certains investisseurs du n° 2 l’ont suivi, tel Jean-Pierre Delwart, ex-CEO d’Eurogentec; d’autres ont répondu en nombre à son nouvel appel. Le cas, notamment, de François Blondel: « Je partage leur analyse qui montre qu’il y a un trou dans le marché en termes de soutien aux entreprises alors qu’il y a d’excellents projets chez nous qui valent la peine d’être soutenus, explique-t-il. J’apprécie le fait que ce soit un fonds d’entrepreneurs pour des entrepreneurs: c’est aussi mon ADN. Cela reste bien sûr un investissement financier, mais il y a une dimension supplémentaire par rapport aux fonds classiques. Enfin, je connais bien Pierre Robin, il a réalisé de belles choses. Je trouve qu’il méritait mon soutien! »

Le ticket d’entrée est fixé à 250.000 euros minimum. Aux côtés des partenaires entrepreneurs, le fonds a aussi fédéré des investisseurs patrimoniaux et deux institutionnels, Belfius et la SFPI. À ce jour, l’ensemble a pris des engagements pour 33 millions d’euros.

L’équipe

Pour l’aider à piloter ce véhicule, Pierre Robin a recruté deux pointures, Thomas Walgraffe et Dimitri de Failly. Ingénieur et titulaire d’un executive MBA à l’Insead, le premier a fait ses classes chez Paul Wurth, puis CMI, où il a notamment dirigé le secteur Industrie. Diplômé de l’IAG (Louvain-la-Neuve), le second a fait du conseil, de l’intégration de systèmes et de la stratégie chez PwC avant d’oeuvrer une dizaine d’années au service du family office lié à Guy Ullens de Schooten. « À nous trois, nous avons déjà négocié une cinquantaine de deals », note Robin.

« Le fonds a retenu six thèmes d’investissement, détaille Dimitri de Failly: l’agroalimentaire, le monde de l’ingénieur, la qualité de la vie, l’environnement et l’habitat, les services, la distribution et les marques. Nous avons déjà effectué un premier investissement dans les services: il s’agit du cabinet d’experts comptables, fiscaux et juridiques ODB & Associés, une équipe de trente experts qui ont aussi pour objectif de jouer un rôle de CFO externe et qui veulent se développer par croissance externe. »

Les fiduciaires constituent encore un secteur très morcelé en Belgique: il y a place pour une consolidation. Pour l’heure, l’équipe planche sur un deuxième projet d’investissement. « Sur cent dossiers, on en retient dix pour analyse approfondie et deux aboutissent à un investissement. » Une fois un dossier retenu, « nous choisissons parmi les 40 entrepreneurs celui ou ceux dont l’expertise présente le plus d’affinités avec le secteur ou l’activité, pour qu’il valide le projet, explique Thomas Walgraffe. Puis quand on y investit, cet entrepreneur partenaire monte avec nous au conseil d’administration de la cible. » La manière de tirer le maximum de parti de sa composante « grands patrons ».

Le fonds d’investissement PROFINPAR consacre €30 millions aux PME

Avec le soutien d’une quarantaine d’investisseurs-entrepreneurs belges et étrangers, le fonds d’investissement PROFINPAR consacre € 30 millions aux PME de taille moyenne.

Différentes études démontrent que les PME wallonnes sont sous-capitalisées et que leur croissance est ainsi freinée. C’est pour répondre à cette demande que le fonds d’investissement Profinpar va investir 30 millions dans des PME en croissance ou en phase de transmission. L’objectif est d’allier non seulement une offre de capitaux mais également l’expérience des investisseurs-entrepreneurs. Les PME pourront notamment bénéficier des conseils de Jean-Pierre Delwart (Eurogentec), Rodolphe Collinet (Carmeuse), François Blondel (KitoZyme) ou encore Olivier Legrain (IBA) et Bruno Vanderschueren (Lampiris).

Team Profinpar

« Différentes études, que ce soit de la Région Wallonne, EY, PWC ou Febelfin, pointent le manque de capitalisation de certaines PME wallonnes, remarque Pierre Robin, Managing Partner de Profinpar. Or, cette sous-capitalisation entrave la croissance et le développement de ces PME. L’offre en capital à risque est également fort segmentée et nous remarquons une offre trop limitée pour des investissements entre 2 et 5 millions d’euros. »  C’est pour répondre à cette demande que Profinpar s’est réorganisé sous forme de fonds d’investissements. Le fonds a recueilli plus de € 30 millions de souscriptions auprès d’une quarantaine de dirigeants d’entreprises belges, luxembourgeois et français, d’investisseurs patrimoniaux et d’acteurs institutionnels tels que Belfius et la SFPI, l’outil d’investissement de l’Etat fédéral.

L’objectif de Profinpar est clair : investir dans une douzaine de PME avec des investissements en capital compris entre minimum € 2m et environ € 6m. Profinpar dispose d’une longue expérience dans le domaine puisqu’il est actif en Belgique depuis 1997. Précédemment organisé sous forme de « deals club », Profinpar a notamment investi dans des sociétés comme Connex Group, Balteau, IRM Group, Visiglas, Federa et Veramic.

Une offre originale

La particularité de la proposition de Profinpar tient à ce qu’elle allie une offre de capitaux à risque et l’expertise des 40 investisseurs-entrepreneurs qui sont prêts à faire part de leur expérience. « Notre objectif est d’intervenir comme partenaire actif, comme catalyseur à la croissance mais également en soutenant la transmission ou l’optimisation des entreprises, explique Dimitri de Failly, Partner. Il s’agit donc non seulement d’investir du capital à risque mais surtout d’accompagner l’équipe dirigeante grâce à l’expertise des investisseurs-entrepreneurs du Fonds, eux-mêmes actionnaires et dirigeants d’entreprises. »

Les PME pourront notamment bénéficier des conseils avisés de l’équipe de Profinpar (Pierre Robin, Dimitri de Failly et Thomas Walgraffe) ainsi que des patrons comme Françoise Belfroid (groupe Ronveaux), François Blondel (OncoDNA, KitoZyme), Rodolphe Collinet (Carmeuse), Jean-Pierre Delwart (Eurogentec), Olivier Legrain (IBA), Erik Maes (Père Olive), Etienne Rigo (Octa+) ou encore Thierry Quertinmont (Trafic) et Bruno Vanderschueren (Lampiris).

PME de taille moyenne visées

Quelles sont les cibles de Profinpar ? Des PME ou entreprises familiales de taille moyenne qui emploient plus de 20 personnes, qui ont une valeur ajoutée supérieure à €2m et dont la valeur d’entreprise oscille entre 2 et € 20m. Profinpar vise des sociétés localisées en Belgique, au Luxembourg et dans le nord de la France. Une attention particulière est accordée aux entreprises de niche ainsi qu’aux secteurs en consolidation.

« Les participations sont plutôt importantes, avec des détentions supérieures à +/- 35% du capital, conclut Thomas Walgraffe, Partner. Ceci nous permet de contribuer au débat stratégique et aux décisions clefs au sein du conseil d’administration. Et ainsi d’avoir une réelle valeur ajoutée pour la PME. »